Après avoir traversé les jardins du palais Royal avec Monsieur Legout et s'y être reposé sur un banc, nous nous retrouvons Place du Châtelet. Si Paris n'existe pas sans ses théâtres, qu'est-Elle sans son métro ?...


La Place du Châtelet

a des fourmis aux pieds


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Un soir frileux d’hiver naissant, alors qu’une neige fondue me glaçait le visage, je m’engouffrai dans la bouche du métro située entre le théâtre de la Ville et le théâtre du Châtelet. C’était à une heure de pointe, de courses folles souvent inutiles, effectuées par la petite et grande banlieue. Toutefois, je fus surpris de voir tant de monde sur le quai de la ligne 7. C’était un tel fourmillement que chaque pas de chacun se faisait au ralenti. Cette phrase me vint alors à l’esprit : La place du Châtelet a des fourmis aux pieds. Je souris vaguement à cette idée. Des haut-parleurs annonçaient discrètement : Suite à un inci …brouhaha … nique… brouhaha … sur lali …brouhaha … fic perturbé. Soudain, on entendit par-dessus les bla-bla du brouhaha, un homme qui hurla en agitant son journal : C’est un rapt de la ratp ! C’est un rapt de la ratp ! C’est scandaleux ! continua-t-il à scander. Sa fiole fate, à force de bouillir de colère, s’irisait d’un rouge vif éclatant. Quelques personnes rirent, d’autres haussèrent les épaules et de nombreuses l’ignorèrent. J’attendis encore une bonne vingtaine de minutes avant de monter enfin dans une voiture fatalement pleine à craquer. Ecrabouillé de part et d’autre, je restais immobile et cela, par la force des choses et des autres. Dès la station suivante, la rame ne pagaya plus et prolongea son arrêt, normalement de courte durée ; de même à la suivante, idem à la suivante de la suivante et ainsi de suite, jusqu’à la Place d’Italie où elle se soulagea en vomissant une flopée éparse de passagers un peu étourdis. Certains morceaux étaient difficiles à évacuer et ne sortirent finalement qu’avec souffrance. Mais cette boulimique se remplit de suite la panse, puis se vida plus régulièrement pour ne plus s’empiffrer de la moindre miette. Des voyages métropolitains, on ne garde que rarement de bons souvenirs. Dans l’enfer d’autrui que j’ai subi lors de ce trajet, le hasard m’a lancé une pointe d’ironie. A l’une des diverses paralysies en station ponctuant ce périple, j’eus  le loisir d’apercevoir sur une affiche publicitaire, promotionnant le Salon de l’Education, un logo cerclée du texte suivant :

 

Bienvenue en Ile-de-France


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