Lettre (ou)verte
Ce matin-là, j'avais décidé d'aller dans la remise au fond du jardin pour écrire mes quelques lignes - voire pages - quotidiennes. Il faisait beau et j'y serais bien. Tout était aménagé simplement mais confortablement.
Un vieil établi me servait de bureau sur lequel j'entassais quelques feuilles vierges à lignes et à grands carreaux, ainsi que des stylos dans un pot de confiture. Au-dessus, étaient posés sur une étagère en pin, quelques tasses en alu et des petites cuillères biscornues, une boîte en fer qui jadis avait renfermé des biscuits et qui aujourd'hui cachait une réserve de sucres, un transistor GO/FM et quelques toiles d'araignées nullement chagrines.
J'avais emmené avec moi un thermos rempli de café. Je le buvais à petites gorgées, le savourant pleinement avant de me mettre à l'ouvrage.
Tout allait bien, je me sentais en pleine forme. Seulement une fois assis face à la page vierge de mots et légèrement griffonnée de dessins absurdes, je ne pus rien écrire. Aucune phrase ne sortit de mon stylo bic tout piteux. Les minutes passaient de plus en plus longues et je finis par regarder par la fenêtre et admirer le soleil qui scintillait dans le ciel bleu à travers les branches du cerisier du voisin.
C'est alors que je me mis à chantonner sur l'air d'une comptine célèbre :
Une cerise verte
Attachée à l'arbre
Je l'attrape par la queue
Je la montre à ces messieurs
Ces messieurs me disent
Trempez-là dans l'huile
Trempez-là dans l'eau
Ca fera un pruneau tout chaud
Ce jour-là, je n'avais rien écrit mais ma page blanche m'avait replongé en enfance...
Et pour ne pas être vert de rage,
écoutez la comptine ci-dessous :
Commentaires sur Lettre (ou)verte
- Ah, je n'avais encore jamais entendu cette comptine sur ce tempo-là, c'est réussi ! En tout cas, ce texte dit sans doute que par beau temps, il t'est impossible de te concentrer sur l'écriture

(allez, va courir dans l'herbe, comme la souris verte, ou t'attacher à l'arbre, comme la cerise verte
).
Merci pour ce sourire, Seb !
NH














