Yann_MOix_Naissance

 

 

Il y a quelques mois à peine, Yann Moix a donné Naissance à un joli pavé d'un kilo trois cents grammes. Cet ovni littéraire et purement anticonformiste va fortifier le lecteur du soir, étendu et détendu, prêt à lire dans son lit ou, faute d'une musculation des biceps suffisante, va plébisciter les avantages des liseuses et du numérique sur le livre imprimé (lorsque celui-ci en pèse presque trois !). Malgré tout, cet objet qui ravira les lecteurs boulimiques – finalement, le coût est moindre si on le rapporte à la page - vient d'obtenir le prix Renaudot !!!

Je n'y ai jeté qu'un œil mais cette Naissance m'a l'air d'un extra-terrestre extra-littéraire !!! Finement – malgré l'épaisseur du pavé – Yann Moix s'est préservé des critiques les plus acerbes. En effet, dès les premières pages de son long labeur de scribe, il nous rapporte de fausses critiques qui, à coup sûr, le descendront plus que les vraies.

En voici une pour exemple :

Après trois essais de mauvais goût, Yann Moix, fasciné par Yann Moix (il ne partage, au monde, ce triste privilège qu’avec lui- même), revient avec un roman autobiographique qui se voudrait grand, mais qui, infine, n’est que gros. Retournant à cette enfance qui ne nous intéresse pas, la sienne, il multiplie les effets, abuse des facilités, sollicite toutes les redondances pour nous infliger, nous qui étions déjà depuis longtemps affligés, les interminables délires d’une prose qui se voudrait poétique, mais ne parvient dans le meilleur des cas (sans le vouloir) qu’à être pathétique. Nous recommandons à cet auteur (tout vaut mieux que de le qualifier d’écrivain) de persister dans le cinéma, art qui se prête plus judi-cieusement à la vulgarité de ses dons. Car il a des dons, Yann Moix, au premier rang desquels, celui, parce que nous veillons en ces colonnes à rester polis en toutes circonstances, de nous agacer.

Gilbert-Alain Néhant, Le Libre Lombric du 27 août.

C'est une curiosité et j'invite chaque curieux qui sommeille en vous de venir découvrir la naissance de cette Naissance ici-même.

Rappelons que Yann Moix, en dehors de ses pratiques polémiques, avait obtenu le Goncourt du premier Roman (en 1996 avec Jubilations vers le ciel) tout en réalisant le décevant mais non moins déjanté film Podium (adapté de son propre roman) illuminé par Benoît Poolevorde se la jouant Cloclo et finissant par chanter Julien Clerc pour le plus grand plaisir de sa femme, jouée par Julie Depardieu)...

Et nous finirons sur ce bon mot qu'aurait prononcé Yann Moix à propos du Renaudot (je le sais de source sûre ! ) : C'est un prix qui était fait pour Moi(x) !