A l'ouest olivier Adam

 

S'il est un auteur de littérature française qui, selon moi, laisse son empreinte scripturale sur ce début de troisième millénaire, c'est bien Olivier Adam (et non Amélie Nothomb, n'en déplaise aux aoûtiens !). Mais attention, il faut savoir que cet écrivain qui en a dans le piaf, ne voit pas la vie en rose, ni même entre gris clair et gris foncé, mais plutôt dans une variété anthracite, voire carrément noire. Alors, on a beau connaître la chanson, mieux vaut être prévenu lorsque l'on veut s'immerger dans son oeuvre si l'on ne veut pas s'y noyer directement (à ce propos, il est à noter qu'Olivier Adam a également co-signé le scénario du film Welcome).

A l'ouest, l'un de ses premiers écrits (son deuxième roman à destination du public adulte) n'échappe pas à la règle, bien au contraire. C'est l'une de ses oeuvres les plus sombres que j'ai lues, surtout en ce qui concerne la première partie.

Ce roman évoque trois personnages qui composent une famille déboussolée (déglinguée devrais-je même dire) : Marie (la mère) et ses deux enfants alors adolescents, Camille puis son grand frère, Antoine, véritable écorché vif. Ils traînent leur morne existence en région parisienne, et au milieu de cette jungle urbaine édifiée par notre société, ils ne sont que des âmes en peine, complètement perdues. Ce sont des êtres fantômatiques qui, et c'est là le drame, ne hantent personne. Des ombres anonymes qui glissent furtivement dont l'absence ou la présence ne change rien au regard des autres. Pourtant, on sent qu'il ne manque pas grand-chose pour qu'ils soient heureux... Mais, quelques années sont passées et l'enfance qui paraissait joyeuse s'est envolée. Antoine y repense souvent et ses souvenirs sont déjà lourds de nostalgie, malgré son jeune âge... Alors il tente d'oublier en se noyant dans l'alcool et en se déchirant la tête en fumant des joints tandis que sa soeur joint souvent ses deux mains pour se perdre dans des prières oniriques.

Et leur mère ?... Son malheur semble également naître avec son adolescence. De même, elle tente de retrouver son passé disparu...

Ce court roman n'est pas mon préféré d'Olivier Adam même si je l'ai bien apprécié (il se lit avec une boule dans le ventre...). Aussi, si vous ne connaissez pas encore cet auteur formidable, je vous conseille de l'aborder avec Des vents contraires, son premier opus malouin. Un roman très noir également mais dans lequel l'espoir subsiste. A lire absolument, c'est écrit d'une façon magistrale !