Galerie

 

Voici une sélection d'incipit de la rentrée littéraire qui m'ont bien plu.

Parmi cette sélection, deux incipit de deux courts textes de Sebarjo se sont glissés. Sauriez-vous les retrouver ?

Ainsi que celui du dernier roman de : Olivier Adam, Vincent Almendros, Philippe Jaenada, Amélie Nothomb, Véronique Olmi, Yves Ravey, Tanguy Viel, Eric Vuillard, Alice Zeniter ?

Bonne chance !

 

« Quelle malchance ! s’écria Claude. »

Je n’aurais pas mieux dit. J’ai quitté le périphérique depuis vingt secondes, léger, enthousiaste, excité comme un marmot à l’idée de ce que je vais chercher à cinq cents kilomètres de Paris, ce samedi 15 octobre, et je suis à peine entré sous le tunnel sale de l’embranchement vers l’autoroute, après la porte d’Italie, qu’un voyant rouge s’allume sur le tableau de bord de la Meriva que j’ai louée ce matin.

 

Marie aimait son prénom. Moins banal qu'on ne le croyait, il la comblait.

 

J’avais été, jusque-là, un homme sans histoire. Peut-être parce que j’étais né dans un village isolé, au milieu de rien. Car c’était ça, Saint-Fourneau, un trou perdu. Y revenir m’avait toujours paru compliqué. Il faut dire que ma mère, elle, y vivait encore.

 

Ce matin-là, il n'était pas utile que je me regarde dans une glace pour savoir quelle tête j'avais.

 

Depuis quelques années, Naïma expérimente un nouveau type de détresse : celui qui vient désormais de façon systématique avec les gueules de bois.

 

Elle ne sait pas comment elle s'appelle. Elle ne sait pas en quelle langue sont ses rêves.

 

Lorsque j'ai lu ''Quand j'avais cinq ans je m'ai tué'', j'avais quatre fois cinq ans. Et je suis toujours vivant.

 

Le soleil est un astre froid. Son cœur, des épines de glace. Sa lumière, sans pardon. En février, les arbres sont morts, la rivière pétrifiée, comme si la source ne vomissait plus d’eau et que la mer ne pouvait en avaler davantage.

 

Ce matin, après deux mois de sécheresse ininterrompue, je me suis réveillée sous des nuages noirs.

 

Tout ici succombe à l'inclinaison. Les tuiles orange coulent en cascades, ruissellent des ruelles, se suspendent aux abords des belvédères, puis replongent vers le fleuve.

 

Sur aucune mer du monde, même aussi près d’une côte, un homme n’aime se retrouver dans l’eau tout habillé – la surprise que c’est pour le corps de changer subitement d’élément, quand l’instant d’avant le même homme aussi bien bavardait sur le banc d’un bateau, à préparer ses lignes sur le balcon arrière, et puis l’instant d’après, voilà, un autre monde, les litres d’eau salée, le froid qui engourdit et jusqu’au poids des vêtements qui empêche de nager.

 

Il pleuvait. L’eau s’écoulait du toit en tôle sur la terrasse de l’école, couvrait le chant des enfants durant la pause, et s’infiltrait sous la porte.