Le parti pris des choses (à la manière de Francis Ponge)
Ces quelques mots écrits selon cette consigne du Défi du samedi, assez littéraire :
A la manière de … Francis Ponge, qui dans le « Parti pris des choses » veut rendre compte de
la beauté des objets du quotidien.
Exemple : La GOMME :
« Je ne connais pas d’objet plus charitable que cet ange gardien élastique : il s’efface en effaçant. Tout au long de son chemin de croix sur le papier quadrillé, il se charge de tous les péchés de l’écolier. »
Rendons hommage si vous le voulez bien : A la table, Aux lunettes, Au pianoUn autre objet à votre choix …A la manière de Francis Ponge
La table
Ce grand quadrilatère rectiligne ou cette tablette parfois pliante nous en bouche toujours un coin avec ces quatre angles droits, de l'entrée jusqu'au dessert. Lorsqu'on s'y met (à table) on devient tout de suite bavard surtout quand le vin coule à flots dans les verres qui ornent l'arrondi des assiettes. On aime s'y installer à tel point que l'on voudrait la voir en plus grand nombre (ce qu'on appelle les tables de multiplication).
Les lunettes
Elles n'ont rien à voir avec les chasses d'eau des toilettes mais en recouvrent parfois leurs assises pour plus de confort. Elles sont la bonne étoile de l'astronome et sont très en vue dans les presbytères. Elles sont attirés par la lumière car dès que le soleil arrive, elles foncent. Enivrées par les émanations rayonnantes du grand dieu Râ, elles deviennent vite noires. Toutefois, elles sont inutiles chez les nyctalopes et prennent le nom usuel de monocle chez le cyclope.
Le piano
Qu'il soit bien droit ou à queue, quelqu'en soit sa gamme, il a toujours une jolie descente que l'on aime à flatter. S'il est bien Mi, il n'est jamais La quand on lui gratte le Do. On ne peut que difficilement s'empêcher de toucher délicatement à toutes ses touches. Puis de les frapper de plus en plus fort, de les marteler à la manière d'un Jerry Lee Lewis comme sur Great balls of fire. Et de finir par divaguer, en jouant debout sans penser à rien un peu comme un Bill Evans qui se lance dans des improvisations intemporelles.
La bille
Elle roule sans jamais tiquer, qu'elle soit d'agathe, de terre, de verre, d'acier ou même de feu. Son roulement devient vite entêtant, et c'est alors bille en tête qu'on essaye de la rattraper, mais jamais on n'y parvient à moins de toucher sa bille. Elle a parfois les boules et elle nous fait flipper mais quand elle est de clown, c'est le rire qui l'emporte, ce qui n'est point billevesée. Et si toi-même tu roules ta bille, tu auras peut-être la chance de humer le parfum de la dame en noir que renferme mystérieusement une chambre jaune... mais pour ce faire il te faudra biller doux !
