Ecritures folles

Les écrits de Sebarjo qui sont à la littérature ce que les herbes folles sont à la botanique !!! Le tout enrichi d'illustrations de l'auteur et d'invités de marque...

13 novembre 2009

Haiku de l'automne 21

ombres_projetees


Ombres projetées

des arbres sur les façades,

Lumière automnale.

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12 novembre 2009

Haiku de l'automne 20

feuilles_au_vent



Les feuilles au vent

tremblotant dans le ciel blanc,

éclats d'automne


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09 novembre 2009

Les Badauds


fontaines_d_eau

 

Comme les fontaines d'eau
Jaillissant place de la gare,
Les badauds sont à fleur de peau
Le regard grisonnant et hagard.

 

Des larmes sèches et pures
Glissant sur leurs joues dures,
Les badauds sont à pleurs de faux
Les yeux creux comme des caveaux.

 

N'attendant plus rien
Ni bus, ni train, ni métro,
Les badauds ne disent rien
Les lèvres à fleur de mots.

 

Et dans le silence de la ville,
les voitures couvrent le bruit
que font les badauds puérils
Qui n'ont pas encore compris.

 

Que seules les fontaines d'eau
Jaillissant place de la gare
Se souviennent des mots
Qui fleurissaient jadis nos regards.

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06 novembre 2009

haiku de l'automne 19

manege_andrea


A chaque Toussaint

Le manège d'Andrea,

Vacances en fête.

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02 novembre 2009

Les rêveries d'un reflex solitaire

Laval_le_pied


Tandis que je vagabonde,
reflex amorphe au fond de ton sac,
Tes idées vagues abondent
au fil du flux et du ressac.


Car, sur une barque de fortune
nous remontons la Mayenne,
l'un perdu dans la lune,
et l'autre, la lentille vaine.


Sans être négatif, j'enrage,
prisonnier dans ton bagage,
Car bien que vieil argentique,


j'ai toujours l'oeil magique
et j'aurais bien pris en mon canon,
La cité de Laval en amont.


Crédit photographique : Christophe lavelle
Merci à lui d'avoir bien voulu me prêter cette photo amusante issue d'une série intitulée "My feet"



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30 octobre 2009

Haiku de l'automne 18

fils


Dans le ciel coton

au-dessus des voies ferrées,

les fils défilent.


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29 octobre 2009

Haiku de l'automne 17

parapluies


S'il pleut à Audierne,

pour que le ciel se dégrise,

Sors ton parapluie !


Merci à Joe Krapov pour sa photo éclatante !

 

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25 octobre 2009

Le zen wattien est plus profond

que le calme olympien

Moine


Je ne sais pas si c'est à cause du décalage horaire mais je ne me suis pas réveillé ce matin. Le jour s'est levé déjà depuis longtemps. Une lumière éclatante me chatouille les yeux et chauffe mon front déjà moite.Je me redresse et m'apprête à lire l'heure sur mon tout nouveau radio réveil.

Noir. Ecran total. Totalement Noir.
Il n'y a plus de chiffres magiques qui ordonnent le temps.

Encore un problème voltaïque ! Ce qui se traduit surtout par : plus d'électricité, plus de chauffage. Les nuits restent encore fraîches en cette saison. Les murs de notre bâtisse séculaire sont humides. Il va encore falloir aller chercher du bois détrempé, stocké dans la cave à stère du monastère... Tout ceci est très énervant et pourtant...

Je me lève, je ne bouscule rien, comme d'habitude.
L'air de rien, sans haine du néant, je baigne dans une quiétude hors du temps. Aucune mauvaise onde ne pourra perturber mon calme légendaire. J'enfile mon habit du bonheur, chausse mes sandales en fibres de bambou, et quitte directement le monastère pour gravir le mont Watta qui surplombe notre communauté.

Là haut sur cette montagne, il y a un vieux piquet avec plein de fils emberlificotés. C'est ce casse-tête chinois qui alimente notre humble asile. Autant vous dire que la lumière ne fut pas tous les jours.

L'ascension n'est pas bien longue. Le mont Watta n'est qu'un petit pic, je ne consomme pas beaucoup d''énergie pour en atteindre le sommet.

En moins de vingt minutes, j'arrive un peu essoufflé, face au poteau magique et rafistolé. Ca grésille de partout, ça étincelle. Mais le zen wattien est en moi, rien ne peut m'électrochoquer.

La tête basse devant tant de hautes tensions et ondes négatives environnantes, je contiens pourtant avec de plus en plus de peine, l'ohm en colère qui sommeille en moi...

Je n'ai trouvé qu'une solution pour rester zen :
mettre mon nez à l'envers...


©crédit photo : Yannick Arnoud

23 octobre 2009

Haiku de l'automne 16

oranges_en_filet

En file à l'automne

et dans leurs filets, voilà

les belles oranges.


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20 octobre 2009

Ce qui s'appelle meubler la conversation



cartable_sur_table



Hier soir, je me suis assis pour dîner, seul face au mur. Blanc.

Noir.

 
Un silence étouffant et écrasant régnait en maître lorsqu'il fut soudainement réduit en miettes. Par mon assiette.

En effet, celle-ci se mit à me parler, me recommandant de manger bien vite car les macaronis au ketchup qu'elle portait en son creux, l'alourdissaient et de surcroît, refroidissaient. Elle s'est plainte quelques instants encore, mais bien vite a stoppé toute conversation, se rendant sans doute compte que je n'étais pas... dans mon assiette.

Les couverts, craignant peut-être mon coup de fourchette légendaire, ont préféré se taire. Et, pour ne plus me voir, leurs plaintes ont louché vers les plinthes du mur. Blanc.

Noir.

 Ils voulaient ne pas me mettre le couteau sous la gorge et éviter surtout de devoir me ramasser à la petite cuillère. Je restais calme. Stoïque. Ni hic ni coup de torchon. La vaisselle passerait encore une fois la nuit au fond de l'évier en son inox terni, baignant dans un fond d'eau stagnante.

Mais le silence devenait si lourd que cette fois-ci c'est moi qui me mis à converser. Avec ma table. Elle nappe a... elle n'a pas réagi immédiatement. Finalement, elle m'a répondu et voyant que j'avais le c.. entre deux chaises, elle me demanda de tout déballer. En somme, elle me demandait de passer...à table. Comme je décidais de ne rien dévoiler de mon spleen, habitué à être mis au ban(c) de la société, je me levai, préférant lever le siège avant de rouler dessous... Malgré tout je chus en silence, me cognant la tête contre les murs. Blancs.

Noir.

 
Le tabouret s'exclama, se moquant de moi : « t'es bourré, t'es bourré !!! »

Je me relevai et m'assis sur un fauteuil, pensant retrouver un peu de réconfort. Hélas, j'avais omis  qu'ici même, se trouvait – dès lors sous mon saillant seyant - un vieux coussin péteur délaissé par mon petit cousin. Il s'exprima vivement. A sa façon. Mais ses élucubrations ne méritent pas d'être retranscrites dans ce récit. Pétant les plombs, pris de colère, Je l'envoyai valser vers les cannes à pets, appelés également, banquette ou sofa.

Finalement, je décidai d'aller me coucher ne voyant pas de meilleure chose à faire. Je m'endormis bien vite. Mon lit voulut me raconter sa vie mais voyant mon état de fatigue se contenta de rester à mon chevet et, me voyant dans de beaux draps, me berça jusque dans les bras de Morphée.

Le lendemain, je m'éveillai en sursaut, me dressant soudainement, face à mon dressing. Cette espèce d'armoire à glace ne me faisait pas peur. Elle voulait m'intimider mais je lui montrai bien vite que je n'étais pas plus commode qu'elle. Je ne voulais plus rester parqué ici. Aussi, me levant du bon pied, je débarassai bien vite le plancher. Je ne voulais plus faire partie des meubles . Ainsi, ils verraient que j'en avais dans le buffet en les abandonnant à leurs palabres ridicules et farfelues !

Et puis de toute façon mes potes m'attendaient au bahut. Quittant la table, en un quart (de tour), je pris mon cartable.

 

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15 octobre 2009

bac_de_noeuds

Dans un bac, des draps,

le blanc avant la couleur,

usés mais lessivés


Photographie : ©Pandora


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12 octobre 2009

Là-haut


la_haut_falaise


Il s'était finalement posé là. Sur ce haut plateau surplombant une espèce de forêt amazonienne mais en plus profonde, plus touffue, plus ténébreuse. En sa hauteur, la lumière éclatait, laissant l'ombre à la végétation épaisse et luxuriante. Le soleil scintillait toujours sur ce granit lissé par l'érosion multimillénaire. Et la nuit, la lune accompagnée de ces suivantes, les étoiles, prenait le relais. Un feu de joie perpétuel.

Cette contrée était idéale. Son idéal. Inimaginable pour le reste de l'humanité tant elle recelait de mystères et de beauté cristalline. On n'aurait même pas dit le sud. Elle était un point microscopique inconnu des cartes et des atlas établis à ce jour, aussi bien géologiques que touristiques. Même pas une patte de mouche pour Yann-Arthus Bertrand. Qu'il aille dessiner des coeurs ailleurs.

C'était son domaine, son sommet des Dieux. Et, parce qu'à l'ubac de ce plateau, la roche prenait une forme étrange mais signifiante, il avait nommé son eden, le Cul de la chèvre. C'était aussi un sacré trou perdu. Le Larzac à côté, faisait figure d'Avenue des Champs-Elysées, un jour de défilé ou d'après coupe du monde victorieuse. C'était plutôt sa rue de la Paix. Sans hôtel évidemment. Et la case départ n'était qu'un cas de non retour.

Il était là. Tout simplement. Unique tunique au milieu de la Terre. Sans tipi ni cavalerie. Un fanfaron sans fanfare, jouant seul sa symphonie du nouveau monde. Planté dans l'étendue sauvage. Déconnecté et isolé de l'humanité entière...

C'était un peu ça le Cul de la chèvre, un lieu antinomique à l'envahisseur Fesse-bouc...


photo extraite du film Là-haut. ©Walt Disney Studios Motion Pictures France


08 octobre 2009

Petit plaisir météorologique 1

pluie


Aujourd'hui, il a plu durant toute la journée. J'ai passé l'après-midi à regarder les gouttes de pluie glisser contre la vitre de mon salon. J'aime voir ces sortes de larmes qui dessinent leurs états d'âme jusque sur le rebord de mes fenêtres. On dirait des pleurs mais je ne suis pas triste. C'est émouvant cette vie qui véhicule soudainement sur du verre translucide.

Puis, la pluie a tambouriné. Le crachin s'est transformé en bruine ; en bise aigre-douce et finalement en averse torrentielle. Il paraît que des routes envahies par de tels flots jaillissants ont été bloquées. Des voitures flottantes comme des bouées de secours, se sont prises pour des caravelles. Il flottait mais rien ne flottait.

Le ciel pleurait comme une fontaine gigantesque. Il est paradoxalement si agréable d'observer cette descente d'eau des nuages lorsqu'on est confortablement installé dans son fauteuil. On observe ces phénomènes météorologiques tranquillement, si paisiblement que l'on oublie les dégâts qu'ils peuvent causer.

Il avait plu tout le dimanche, et j'ai pourtant passé étrangement une journée douillette, douce et agréable.

 

Photographie trouvée sur le blog de petit prince



05 octobre 2009


F inalement, nous y voilà : le grand soir.
A u bout du quai de cette gare,
L es trains y sont toujours en retard
L es lampadaires d'un jaune blafard,
A u postillon, les absences ne sont pas rares.quai_de_gare
I l se peut même que je ne sois plus là
T u me rejoins en silence vers nulle part.

Q ue reste-t-il de nos courtes vies
U n peu de poussière dans l'infini
E t plein de vent, tourbillonnant dans l'oubli.


C hez nous désormais, c'est là-bas,
A u bout du quai de cette gare.


A u-delà du brouhaha
R ien, plus rien ce soir,
R ien ne nous retient.
I l  nous faut partir au loin,
V ivre n'est plus que trace fugitive
E t il fallait bien que ça arrive.

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28 septembre 2009

Livre de sable

livre_abime2


Ses doigts effilés aux ongles soignés
caressaient le grain d'un livre relié,
aux coins pliés et à la couture fatiguée,
à la couverture mitée, au papier brûlé.

Sur le quai Saint Michel, des mouettes riaient,
chassant en virevoltant des pigeons empâtés.
Le soleil automnal et matinal scintillait
Sur la Seine alanguie, aux eaux ébouriffées.

Heureuse, elle effleurait son sésame retrouvé,
Les mémoires d'un aïeul si longtemps égarées,
Un Jules Verne talentueux trop bien ignoré,
Son livre de sable, enfin délesté du passé.

La bouquiniste aux mains si soignées
Le feuillettera toute la journée,
Et reposera parmi ses confrères délaissés,
Sur son lutrin, l'insensé encensé.

Ce n'est ni aujourd'hui ni demain encore
Qu'elle cédera son inestimable trésor.
Les passants, brillants amateurs ou sombres éclairés,
Ne pourront, sans le toucher, que de loin l'admirer.

Photographie : ©Cara Barer
N'hésitez pas à aller voir ses autres photographies qui sont magnifiques


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25 septembre 2009

Titruc 6

VISAGES


visage_poeme

 

Un visage ovale
Sans étoile
est une opale
dans l’eau pâle.


Un visage oral
sans râle
est une chorale
florale.


Un visage égal
sans fringale
est un vrai régal
de beauté légale.

Mais

Un visage aimable
comme un pied de table,
même au-delà de toute mode,
n’est pas toujours commode.

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22 septembre 2009

Qu'on se le dise ou qu'on se le thèse !


Qu_on_se_le_dise


Dès l'entrée du grand hall froid et sonore de ce vieux bâtiment, ses yeux cherchaient en vain l'information tant désirée et tombèrent sur un panneau d'affichage vitreux bien que vitré. Il y était collé un énorme pléonasme, cet unique papier de mauvaise qualité sur lequel on pouvait lire :

NE PAS METTRE D'AFFICHES SUR LA VITRE, MERCI.

Il navigua alors encore un peu à l'aveuglette dans ce gigantesque paquebot poussiéreux et son regard finit par trouver l'inscription qu'il recherchait précieusement, aux lettres jadis dorées et flamboyantes mais à présent, ternes et poussiéreuses : SCOLARITE.

Plus modestement, en-dessous, sur une porte un peu plus sur la gauche, était écrit sur une feuille jaunâtre :

Service des thèses

ouvert tous les jours de 14h à 15 h15

(sauf les week-end, jours fériés, lundi, jeudi et vendredi)

Frapper avant d'entrer

On était alors un mardi et il était précisément 13 h 48. Il était un peu en avance mais tenta sa chance. Il frappa et comme il entendit un « entrez » étouffé mais péremptoire, il s'éxécuta. Derrière un bureau envahi de dossiers empilés, se cachait non pas une secrétaire en train de tricoter comme il se l'imaginait, mais un jeune homme à peine plus âgé que lui.

Il s'avança et entama la conversation :

-Bonjour, je...

-Vous venez pour un dossier de doctorat ? Asseyez-vous.

-Merci.

Un long silence oppressant s'installa .

-Euh...excusez-moi, peut-être attendez-vous que je décline mon identité ?

-Si ça peut vous faire plaisir...

-Comment ça si ça peut me faire plaisir, il me semble que...

-Oh les noms et prénoms des futurs docteurs sont aujourd'hui optionnels pour nos dossiers. Non ce qui compte, c'est votre pseudo.

-????

-Ne faites pas cette tête d'ahuri. Votre directeur de thèse a dû vous en parler car lui aussi est soumis aux mêmes obligations !

-Je suis navré mais je ne crois pas...

-Ce n'est pas grave, on va voir ça ensemble. Bon, pour commencer, quel est le sujet de votre thèse.

-Eh bien elle traite de peptides et de microbes, et surtout des solutions antibactériennes et antifongiques qu'on peut apporter au problème de... enfin quand je dis peptides je devrais plutôt dire des analogues de peptides, des pseudopeptides...

-Ah vous voyez on en revient au pseudo, même avec vos peptides ! Mais vous vous égarez ! Un peu de discipline ! Ce que je vous demande c'est justement : La discipline de votre thèse. Est-ce, Biochimie, mécanique quantique, astrophysique subaquatique, géothermie dans l'espace, agronomie environnementale, microbiologie durable, macrobiotique nucléaire... ou je ne sais quoi encore ! Enfin vous voyez, ce genre de choses quoi !

-Oh dans ce cas, c'est beaucoup plus simple pour ma thèse. « Chimie » tout court.

-En effet c'est un peu court... c'est terriblement petit et décevant ça. Enfin bon c'est souvent le cas. On va se rattraper sur votre pseudo. Tenez, donnez-moi votre dossier qu'on en finisse.

Il lui tendit un dossier de seize pages recto verso.

-Merci. Bon pour le pseudo... parce que il faut que je vous explique... Dorénavant tout ce que vous publierez, sera signé de ce pseudo, ainsi vous serez immanquablement identifié. J'ai ici le fichier international des pseudos de chercheurs, aucun risque de doublons possible ! Alors allons-y, qu'est-ce qui vous ferait plaisir ?

-C'est-à-dire que...

-Je vois, vous n'avez pas d'idée. Bon, je vous expose la chose... On peut prendre un pseudo classique d'après votre nom ou prénom et votre lieu de naissance par exemple. Je vois dans votre dossier que vous vous nommez Jacques Bernard et que vous êtes né à Nantes. Eh bien ça pourrait être par exemple « Jacquot de Nantes » ou encore « Nanar 44 ». Vous voyez ? Ou alors ça peut être un pseudo qui a un rapport avec votre discipline ou votre spécialité. Tenez voici des exemples de nouveaux inscrits... Hmmm, en voilà un qui est bien : L'arpenteur d'étoiles qui fait une thèse en cosmochimie sur l'usage du tiramisu au temps des vénusiens... ou encore Tisseuse qui est en arachnologie... Ah et dans un autre style, plus proche du « nom prénom », Joe Krapov qui a russifié son patronyme parce qu'il étudie les chansons de Georges Brassens en cyrillique... Et j'en passe, la liste est longue ! Enfin voilà, pour vous donner des idées. On peut faire pareil par rapport à votre sujet...

-Ma foi pourquoi pas...

-Alors je rentre dans mon logiciel créateur de pseudo les mots suivants : peptides, analogues, antifongiques...Je clique sur OK et j'attends ces propositions.. que voilà : « Peptide Gonzales » ou « Anna Log » ou encore « Andy Fongix »

Amusant non...?

-???!!!

Soudain une dame avec son tricot à la main surgit dans le bureau et s'adressa au pseudo secrétaire du service des thèses...

-Enfin Michel, qu'est-ce que tu fais encore ici ? Il y avait quelqu'un ! Tu aurais pu m'appeler au lieu de raconter je ne sais quoi encore à ce jeune homme !

-Mais maman...

-Taratata, dis au revoir au monsieur et dépêche-toi car tu vas rater ton cours de mathématiques souterraines ! Ah les scientifiques ! Excusez-le monsieur mais mon fils est un grand dadais qui a encore l'esprit gamin... Je n'ose imaginer quelles âneries il a pu vous raconter...Bon reprenons : Nom, prénom, Lieu de naissance...


14 septembre 2009

Panne d'électricité


explosion_nucleaire_quadri_v2


 

La fête battait son plein. On avait éteint toutes les lumières et chacun rigolait bêtement ou nerveusement. Seuls les chandeliers sur les tables alignées, éclairaient et faisaient vaciller nos faces plus ou moins rougeaudes et hilares, selon l'état d'avancement d'ébriété de chacun. On vivait la dernière minute de l'année et on savait que ça allait éclater dans peu de temps. Un grand « Bonne année général » comme un grand boum au coeur de la nuit allait retentir sur la terre entière. Et on tenait à faire entendre nos voix ! Car soudain, déchaîné et comme délivré, un groupe d'une trentaine de personnes en délire se bisouillera follement avant de finir le foie gras à peine entamé.

Ca yest. Jojo, qui était quand même le plus éméché de tous, avait lancé le compte à rebours :

10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1...

 

Et voilà, bingo. Un hurlement comme une délivrance. Une ronde de bécots sous le regard éberlué des couronnes de gui. Tout ça était bien joyeux et préludait le meilleur à venir. Sauf que.

Jojo a voulu rallumer tous les spots de son living et du fumoir, transformés pour l'occasion en piste de danse. Rien. Plus de courant. Par la baie vitrée, on ne voyait même plus clignoter les guirlandes et autres appareillages électriques sensés décorer les nains de jardins et les façades des quelques maisons alentour. Panne d'électricité générale.

L'année 2050 commençait d'une drôle de façon. On avait l'air fin à se souhaiter toutes les meilleures choses du monde alors que le grille-pain ne pouvait même plus dorer les toasts pour le foie-gras ! Cela ne nous dégrisa pas pour autant. On poursuivit notre java à la lueur des bougies. Quoi de plus naturel finalement, qu'un réveillon aux chandelles ! Et puis, la dinde finissait tranquillement de rôtir au-dessus de la braise d'une gigantesque cheminée, alors... Tout allait bien.
Jojo a rangé sa collection de vieux vinyls et s'est mis à la guitare pour nous faire danser. Bon, il ne connaissait que quatre ou cinq morceaux mais c'était suffisant pour que ça parte dans tous les sens ! Et puis le vieux Léon l'a relayé avec son accordéon. Au petit matin, on en avait plein la musette. On était encore insouciant et béat.

Pourtant après avoir guinché, on a vite déchanté...

_____

 

C'était il y a dix ans... Un souvenir inoubliable. Mais tout ça est si loin aujourd'hui...

On a fini par apprendre que toutes les centrales nucléaires avaient pété les unes après les autres, recouvrant les ondes sonores de l'énorme « Bonne année » qui devait retentir sur la planète bleue, plutôt grise alors... L'électricité s'était envolée comme un courant d'air... A se demander ce qu'on foutait là, encore irradié de bonheur... Un drôle de réveil au lendemain d'un réveillon...

Je rêve souvent de ce temps lointain que les moins de dix ans ne peuvent pas connaître, ce temps où les  vocables, volts, watts et ampères n'étaient pas désuets, où les hommes savaient ce qu'étaient les ohms...

Aujourd'hui, je peux toujours rêver pour mettre ce texte en ligne sur mon blog !

J'ai quand même gardé précieusement et jalousement, mes vieux crayons, mes fusains rabougris - véritables mines de trésor ! - et je continue à griffonner des mots, puis des phrases qui donnent parfois des  histoires, dans des vieux carnets récupérés par ci par là.

Mais, même si la situation est grave, elle n'est pas désespérée ! Il faut voir le bon côté des choses...

Depuis que j'ai quatorze doigts à chaque main et que j'ai trois mains au bout de chacun de mes six bras, j'écris beaucoup plus vite !!!


07 septembre 2009

CHIEN 23

La Clé USB

nuit gravement à la Clé Mence


cendrier_g_ant

 

-Sig ?

-Ma chérie ?

-Sig... arrête...

-Arrête quoi ?

-Sig, arrête de fumer.

-Ah...Nous y voilà ! Le problème c'est que je n'ai toujours pas trouvé la clé du succès.

-C'est sûr, je le savais déjà !!! Pourtant, avec le fameux trousseau que je t'ai apporté à notre mariage, tu n'as que l'embarras du choix...Tu devrais réussir à la trouver tout seul, cette fameuse clé...

-Oui bon ça va !!! Je te signale que mon père n'était pas serrurier !!! Et puis justement c'est l'embarras du choix qui m'embarrasse !!! Ton trousseau c'est le bazar, je m'y perds... J'en ai pourtant essayé tout un jeu...Souviens-toi... Tout d'abord, la CLE Mentine, mais du coup je compensais en me bourrant de vitamines et c'était vraiment pas mieux... puis il y a eu la CLE Rette de Die, mais là je bullais sans cesse... Ah et la fameuse CLE Ptomanie !!! Alors là , j'embarquais tout ce qui traînait et ça te mettait dans des états parce que tu ne retrouvais plus rien !!! J'ai même tenté la CLE Dermann mais ça me rendait tellement hystérique que je pianotais sans cesse. Et enfin le pire, les CLES Ziastiques...dès la genèse, je m'en suis roulé une avec le papier Bible !!!

-Très drôle ton inventaire... Tu devrais essayer la CLE Rvoyance !!! ... Non, sérieusement, qu'est-ce qui pourrait te motiver ??? Tiens, par exemple, toi qui prétends être le Roi de Wimbledon – tu ne fumes tout de même pas le gazon, j'espère ??? - le tennis, ça ne t'aide pas à vouloir arrêter, plutôt que de souffler comme un boeuf et de cracher tes poumons au bout d'une demi-heure de jeu !!!

-Ah... oui mais alors là...

-Tiens d'ailleurs, tu n'avais pas un match ce matin...

-Oui eh bien justement, figure-toi que ce fut épique !!! Je n 'ai pas pu jouer...

-Ah bon, tu étais essoufflé avant même de commencer ?

-Du tout... Il m'est arrivé une drôle d'aventure... Comme d'habitude je me rends à la salle omnisports de l'USB (Union Sportive de Bretagne)... jusque-là tout va bien, je connais encore le chemin et j'ai tout de même assez de souffle pour m'y rendre ! Non, le problème c'est quand j'ai voulu entrer dans la salle...La porte habituellement ouverte était close...

-Et alors ???

-Eh bien, figure-toi que pour entrer dans les locaux de l'USB, il faut désormais une clé USB !!! Alors avec ça hein, si même le tennis devient virtuel, ce n'est pas ça qui va m'aider à arrêter !!!

-Quelle blague !!! Tu carottes mon vieux ! Cette histoire est fumante mais ne me dis pas que c'est juste ça qui t'abat !!! Et puis hein, tu n'as qu'à te mettre à la  cigarette électronique, ça se fait aussi aujourd'hui.

-C'est ça et puis je boirai mon Ricard avec des glaçons numériques !!!

-Et voilà, parce que je m'inquiète de sa santé, mÔossieur en fait tout un pastis !

Sig part, fâché en baragouinant des gna gna gna...

-Ce n'est pas en prenant la clé des champs que tu trouveras la clé de la réussite ! Nom d'un chien, quel grincheux celui-là ! Quand il s'y met, il est pire qu'un CLE bard !!!


 

31 août 2009

Eclats_de_Buren



LIGNE (éclats de Buren)

 

Un quart d'heure

Au coeur de l'art

A toucher l'instant

Au plus vif du carmin

D'un soleil levant

Et d'un cube indigo

Terrassé.

 

Un faisceau spatial

Intemporel

Une lumière fixe

Sur une tringle d'acier

Effilée de cuivre watté

Une ligne rectiligne

Que l'on poursuit

A la verticale

et à l'horizontale

En se perdant

Un instant retrouvé



Illustration : oeuvres de Buren éclatées par Sebarjo



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