Ecritures folles

08 février 2018

INCIPIT... !

 

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Un incipit un jour !

1incipit1jour

Posté par sebarjo à 18:34 - Commentaires [1] - Permalien [#]


19 janvier 2018

Incipit

 

 

Galerie

 

Voici une sélection d'incipit de la rentrée littéraire qui m'ont bien plu.

Parmi cette sélection, deux incipit de deux courts textes de Sebarjo se sont glissés. Sauriez-vous les retrouver ?

Ainsi que celui du dernier roman de : Olivier Adam, Vincent Almendros, Philippe Jaenada, Amélie Nothomb, Véronique Olmi, Yves Ravey, Tanguy Viel, Eric Vuillard, Alice Zeniter ?

Bonne chance !

 

« Quelle malchance ! s’écria Claude. »

Je n’aurais pas mieux dit. J’ai quitté le périphérique depuis vingt secondes, léger, enthousiaste, excité comme un marmot à l’idée de ce que je vais chercher à cinq cents kilomètres de Paris, ce samedi 15 octobre, et je suis à peine entré sous le tunnel sale de l’embranchement vers l’autoroute, après la porte d’Italie, qu’un voyant rouge s’allume sur le tableau de bord de la Meriva que j’ai louée ce matin.

 

Marie aimait son prénom. Moins banal qu'on ne le croyait, il la comblait.

 

J’avais été, jusque-là, un homme sans histoire. Peut-être parce que j’étais né dans un village isolé, au milieu de rien. Car c’était ça, Saint-Fourneau, un trou perdu. Y revenir m’avait toujours paru compliqué. Il faut dire que ma mère, elle, y vivait encore.

 

Ce matin-là, il n'était pas utile que je me regarde dans une glace pour savoir quelle tête j'avais.

 

Depuis quelques années, Naïma expérimente un nouveau type de détresse : celui qui vient désormais de façon systématique avec les gueules de bois.

 

Elle ne sait pas comment elle s'appelle. Elle ne sait pas en quelle langue sont ses rêves.

 

Lorsque j'ai lu ''Quand j'avais cinq ans je m'ai tué'', j'avais quatre fois cinq ans. Et je suis toujours vivant.

 

Le soleil est un astre froid. Son cœur, des épines de glace. Sa lumière, sans pardon. En février, les arbres sont morts, la rivière pétrifiée, comme si la source ne vomissait plus d’eau et que la mer ne pouvait en avaler davantage.

 

Ce matin, après deux mois de sécheresse ininterrompue, je me suis réveillée sous des nuages noirs.

 

Tout ici succombe à l'inclinaison. Les tuiles orange coulent en cascades, ruissellent des ruelles, se suspendent aux abords des belvédères, puis replongent vers le fleuve.

 

Sur aucune mer du monde, même aussi près d’une côte, un homme n’aime se retrouver dans l’eau tout habillé – la surprise que c’est pour le corps de changer subitement d’élément, quand l’instant d’avant le même homme aussi bien bavardait sur le banc d’un bateau, à préparer ses lignes sur le balcon arrière, et puis l’instant d’après, voilà, un autre monde, les litres d’eau salée, le froid qui engourdit et jusqu’au poids des vêtements qui empêche de nager.

 

Il pleuvait. L’eau s’écoulait du toit en tôle sur la terrasse de l’école, couvrait le chant des enfants durant la pause, et s’infiltrait sous la porte.

 

Posté par sebarjo à 18:30 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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06 décembre 2017

Enfer et damnation au Paradis sur terre

 

Pas de billet spécial en hommage à Johnny...

Mais voici un billet

écrit il y a presque 6 ans

que je republie aujourd'hui :

 

 

 

johnny_hallyday_theatre_edouard_vii

 

Ce soir-là, j'étais assis paisiblement dans mon salon au coin du feu – comme un bellâtre auprès de son âtre joli - car le froid tourbillonnant de l'automne arrivait enfin en cette fin d'octobre. Je feuilletais une revue et lisais quelques articles sur l'actualité théâtrale.

Quelle ne fut pas ma surprise d'y croiser le nom de Johnny Hallyday ! Me serais-je trompé de chroniques ??? Je ne lisais pourtant pas une revue people et encore moins un vieux Salut les copains...

Non. Johnny qui chantait alors, il y a déjà presque trois décennies, Quelque chose de Tennessee, jouait dans une pièce de ce Monsieur Williams. Il fallait croire que lui-même avait aussi un petit quelque chose de Tennessee...

Ma curiosité fut piquée à vif, comme l'hêtre qui brûlait en face de moi le fût par une belle flamme... C'était comme si on avait allumé le feu soudain. Moi qui n'écoutais plus Johnny depuis Noir c'est noir, c'était plutôt une sensation assez étrange.

Certes, la critique n'était pas très bonne... Néanmoins, je ne pus m'empêcher de me rendre, dès le lendemain au théâtre Edouard VII, pour assister à ce spectacle. A mon grand désespoir, je ne pus réserver une place que pour une représentation qui aurait lieu dans deux semaines seulement.

La pièce avait un succès fou, c'était salle comble chaque soir. Complet. D'ailleurs, je n'avais jamais vu autant de blousons noirs faire la queue dans un théâtre aussi classique. Y'a bien eu Renaud à Bobino (il disait qu'on l'aurait pas mais on l'a eu... !) mais là, c'est Edouard VII, l'antre de Guitry. La place forte du Théâtre bourgeois et gentilhomme, des cocottes entretenues et des cocus sous-entendus...

Je passais quinze jours languissants. Pour patienter, j'écoutais Le pénitencier quarante-cinq fois par jour. Ca tournait en rond. J'étais comme un prisonnier dans sa cellule grise, comme un autre que moi-même.

Le grand soir finit par arriver. Et moi aussi. Une demi-heure en avance. Du haut des colonnes qui soutenaient le théâtre Edouard VII me contemplaient ces lettres lumineuses rouge vif :

 

UN PARADIS SUR TERRE

 

Elles s'affichaient dans la nuit parisienne un peu humide et me narguaient, me faisant un peu plus trépigner d'impatience.

Enfin, je pus m'installer. Un peu en avance. Au cinquième rang, fauteuil d'orchestre. Presque au milieu. La vue était complètement dégagée. Impeccable. La soirée s'annonçait plutôt bien. Après quelques minutes interminables, le rideau rouge vif se leva. La scène était noire. Un film défilait. Mais ils n'allaient tout de même pas nous rediffuser D'où viens-tu Johnny ? Car pour moi, la vie avait commencé depuis bien longtemps !!!

C'était une intro. C'est ça le théâtre aujourd'hui. Même chez Edouard VII...

Puis soudain, une silhouette apparut et la lumière fut. Johnny ! Il regardait la salle et j'eus l'impression qu'il me fixait, droit dans les yeux !!! Je fus comme hypnotisé. Je ressentis fortement et intérieurement la transmission de ses pensées. J'avais cette sensation étrange d'être Johnny ! Un rocker comme celui des yéyés. Ah que ça fait mal quand même ah que de devenir Johnny ! C'est comme si j'étais devenu un clone clownesque, un Sebarjohnny ! La preuve car une fois debout, je me mis à que déclamer cette chanson d'amour :

 

(Les paroles de la chanson sont ici !)

 (me contacter si vous voulez la version chantée !)

Puis j'essayais d'arracher les fauteuils qui m'entouraient comme au bon vieux temps de l'Olympia. Ce soir-là, par un phénomène étrange, je crois que j'avais quelque chose, non pas de Tennessee, mais de Johnny !